Oushebti de la divine adoratrice Karomama (XXIIe dynastie ; vers 840 av. J.-C.)

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Depuis 2010, le petit temple contigu sur son côté nord au Ramesseum, le « temple de millions d’années » de Ramsès II (env. 1279-1212 av. J.-C.) élevé sur la rive occidentale de Louxor, fait l’objet d’une fouille systématique. Ce projet de recherche, dirigé par Benoît Lurson, associe l’Institut d’Égyptologie de l’Université de Leipzig et le Centre National de la Recherche Scientifique (https://www.gko.uni-leipzig.de/aegyptologisches-institut/forschung/projekte/theben-west.html). Construit par le roi en l’honneur de sa mère, la reine Touy, ce temple fut transformé en nécropole après le Nouvel Empire (env. 1543-1075 av. J.-C.), pendant la Troisième Période Intermédiaire (env. 1075-652 av. J.-C.).

 


Lors de la campagne de fouilles 2014, la tombe à puits de la divine adoratrice Karomama (XXIIe dynastie ; vers 840 av. J.-C.), bien connue pour sa statue en bronze conservée au Musée du Louvre (http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/statue-de-la-divine-adoratrice-d-amon-karomama), était découverte dans le sanctuaire nord du temple. Une centaine de fragments d’oushebtis, ces statuettes funéraires si caractéristiques de l’Égypte ancienne, étaient mis au jour. Lors de la campagne 2015, qui a vu la poursuite de la fouille de la sépulture, autant de fragments étaient découverts, qui ont permis de reconstituer plusieurs de ces oushebtis.

 

C’est l’un d’entre eux que nous présentons ici, en remerciement à l’A.S.B.L. Kheper pour le soutien financier apporté à la campagne 2015.

 

 

Nicolas Gauthier.

En faïence, ce bel objet n’en impose pas seulement par sa taille, 14,8 cm de haut pour 4,6 cm de large, mais aussi par sa facture, même si la glaçure a quelque peu pâli. Les bras croisés sur la poitrine, une houe en relief soulignée de noir dans chaque main soigneusement modelée, tout reflète en effet le soin apporté à sa réalisation. On soulignera encore l’uraeus qui orne le front de la divine adoratrice. Il a été brisé en trois morceaux, selon un mode opératoire systématique, relevé aussi pour les autres oushebtis, et qu’on peut mettre en relation avec une inhumation secondaire.

L’inscription est à relever : « L’Osiris, la divine adoratrice d’Amon, le seigneur (sic) des couronnes, Karo(m)a(m)a-l’aimée-de-Mout ». Le titre « le seigneur (sic) des couronnes  » n’apparaît en effet que sur les oushebtis qui portent une perruque tripartite. Surtout, il n’était pas encore attesté pour les oushebtis de Karomama conservés dans les collections publiques, comme au Brooklyn Museum (https://www.brooklynmuseum.org/opencollection/objects/3986/Mummiform_Ushabti_of_Queen_Keromama?referring-q=Keromama). On le trouve en revanche sur d’autres objets au nom de la divine adoratrice.

Nicolas Gauthier.